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Après l'effort, le réconfort
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12 mai 2014

comment les profs sont poussés à manipuler les notes !

Bac : profs, comment nous sommes poussés à manipuler les notes

Making of
Bertrand Galliot, 42 ans, est professeur de mathématiques et il assure la direction pédagogique de LesBonsProfs.com où des enseignants testent de nouveaux formats pour apprendre : des vidéos, des exercices interactifs. Il a publié plusieurs témoignages sur Rue89.
http://rue89.nouvelobs.com/2014/05/11/bac-profs-comment-sommes-pousses-a-manipuler-les-notes-251885

Avoir le bac avec 7,5/20 de moyenne, c’est possible ? La réponse est oui. Professeur de mathématiques, correcteur du bac dans les jurys d’examen d’Ile-de-France ces dix dernières années, j’ai été témoin à plusieurs reprises de ce fait.

En théorie, chacun sait qu’un candidat ayant une moyenne inférieure à 8/20 aux premières épreuves ne sera pas convoqué aux oraux de rattrapages. Et pourtant...

Clémence et toute-puissance

Les jurys d’examen, souverains dans leurs décisions d’octroyer ou non le diplôme préféré des Français, ont le droit de faire preuve de clémence à l’égard de certains candidats en augmentant artificiellement leurs moyennes. Les responsables politiques et éducatifs souhaitent en effet que le taux de réussite au bac soit le plus élevé possible, et il s’agit aussi par ce biais de rendre les résultats nationaux plus homogènes en soutenant intentionnellement certains quartiers, villes ou régions. On ne peut leur en vouloir, même si les moyens employés peuvent paraître douteux.

Ce procédé est légal et la note de service 98-075 du 2 avril 1998 du Bulletin Officiel en atteste. Ce texte oblige les jurys d’examen à consulter le dossier de l’élève avant de statuer. Il précise :

« Si le jury estime, à l’examen du livret scolaire, que le candidat mérite d’atteindre ce seuil (d’admissibilité, d’admission ou de mention), il relève la note d’une ou de plusieurs épreuves, orales ou écrites. »

Bien évidemment, la question du mérite n’est pas explicitée dans ce texte, ni la valeur de la moyenne minimale qui conduit à une étude approfondie du cas de l’élève.

Comment augmenter une moyenne dans un jury ?

Le jeu est intéressant et il surprend plus d’un professeur novice. Après délibération, le président demande à l’assemblée qu’un professeur accepte de majorer sa note. Chacun dans sa matière relit laborieusement la copie du malheureux, grimace, hésite… La note d’un prof, c’est sacré. Accepter de la changer, c’est admettre qu’on a évalué de façon aléatoire ou imparfaite.

Bulletin Officiel

Une note de service du bulletin officiel parue le 2 avril 1998 précise :

« Les décrets portant règlement des baccalauréats général et technologique font obligation aux jurys de ne délibérer qu’après l’examen du livret scolaire de chaque candidat. Cet examen doit être particulièrement attentif lorsqu’un candidat, à l’issue des épreuves du premier groupe, totalise un nombre de points proche du seuil de l’admissibilité ou du seuil de l’admission ou du seuil d’une mention. Si le jury estime, à l’examen du livret scolaire, que le candidat mérite d’atteindre ce seuil, il relève la note d’une ou plusieurs épreuves, orales ou écrites. Il convient alors de choisir les épreuves pour lesquelles l’écart constaté entre les résultats de l’année scolaire et le résultat obtenu est le plus important. »

 

Une foire aux bonus

Un 8 ? Un 10 ? Après tout, ce n’est pas si mal ce qu’il a écrit celui-là… Comme il faut bien que quelqu’un se sacrifie, je lève la main pour la cinquième fois de la séance. Le président est embarrassé et ne souhaite pas que ce soit toujours les mêmes qui changent leurs notes, ça pourrait alors ressembler à ce que c’est : une foire aux bonus.

Alors on présente ce tour de passe-passe avec un fond pédagogique en cherchant – parfois désespérément – la matière où la nouvelle note passerait le « moins mal ». Ça ne sert à rien et personne ne le saura jamais, c’est juste pour soulager notre conscience.

Bonne nouvelle : le prof de sciences physiques a levé la main. Il se propose d’augmenter sa note de deux points et, pour ne pas paraître un vendu aux yeux de ses collègues, se justifie ainsi :

« L’élève a eu 8 mais il aurait pu avoir 10 s’il n’avait pas fait cette stupide faute de signe. C’est pas croyable de faire des erreurs pareilles en terminale ! »

L’honneur est sauf. Chacun compatit pour notre bon élève sauvé du naufrage et nous lui accordons notre clémence avec une bienveillance princière.

Grâce à de beaux coefficients, il a maintenant une moyenne de 8,02. Il n’en saura jamais rien. A lui désormais de montrer ses compétences le jour de l’oral. La tâche sera difficile, mais qu’on se rassure : les examinateurs auront le même dossier scolaire sous les yeux lors des sessions de rattrapage.

Qu’en est-il des agités, des affreux ?

Un autre élève avec des notes rigoureusement identiques et des appréciations peu glorieuses sur son livret se verra proposer un tour gratuit : « Recalé ».

Personne ne culpabilisera ni ne relira sa copie : il n’avait qu’à pas faire suer ses profs toute l’année. Son dossier sera posé sur la petite pile des futurs redoublants.

La note minimale d’étude de dossier n’existe pas légalement. Certains jurys vont se pencher sur les livrets des élèves qui ont une moyenne comprise entre 7,5/20 et 8/20 à l’issue du premier tour.

Il y a quelques années, j’ai assisté à cette pratique dans deux jurys des Hauts-de-Seine. D’autres ne le feront pas ou débuteront leur étude à 7,8 de moyenne (toujours dans les Hauts-de-Seine) voire 7,9, me dit une collègue parisienne. Sans seuil légal, il est bien naturel que chaque jury fixe le sien. Comment ce seuil est-il décidé ? C’est un mystère et je ne connais pas un collègue qui en sache plus que moi.

Le mérite. Oui, mais lequel ?

Ces marchandages de notes me paraissent injustes et remettent en cause la notion même d’évaluation du bac puisque sans seuil éliminatoire, pourquoi noter un élève ?

Si on conserve le mode actuel d’évaluation, je ne suis pas opposé aux octrois de bonus, mais il faudrait alors fixer le même seuil pour tous et surtout définir la notion de mérite. Aujourd’hui, les jurys ne récompensent que les élèves scolaires, dociles et laborieux sans tenir compte d’autres qualités ou capacités fondamentales attendues dans leurs vies d’adultes : la sociabilité, la curiosité, la créativité, le partage, la solidarité, le respect...

Les professeurs reconnaissent bien volontiers ces qualités à l’occasion des conseils de classe ou des réunions avec les parents. Mais dès lors qu’on s’occupe du bac, ces considérations se volatilisent, cachées derrière l’imposante carrure de la note. Dommage.

10 de moyenne, vraiment ?

Ce petit tour de magie est aussi utilisé pour les candidats ayant entre 9,5 et 10 de moyenne. On donnera un petit coup de pouce aux malchanceux méritants : et hop ! Un point en anglais, un point en philo et la moyenne passe à 10,01. « Reçu ! » Pour désengorger les oraux de rattrapages ?

10/20, c’est justement la moyenne que vous avez eue au bac ? Quelle chance… Dans le doute, remerciez le prof inconnu qui vous a sans doute fait un joli cadeau.

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4 février 2013

la liberté

dino class

On peut se demander quel concept peut avoir un gamin de 12 - 13 ans sur la liberté.

Ce matin en classe, je vais voir le cahier d'un élève absent au cours précédent. Je constate que non seulement il n'a pas rattrapé le cours mais qu'il écrit celui en cours à la suite, sans laisser l'espace du cours où il a été absent. Vous me suivez ? Bien évidemment réfléchissant sur mes progressions comme une dingue, je trouve indmissible qu'il me propose de mettre le cours précédent à la suite du cours actuel. Vous comprenez aisemment le non sens de la chose dans une perspective de logique de raisonnement. Bien évidemment j'insiste pour qu'il laisse l'espace du cours précédent. Je passerai sur le à quoi ça sert (!) pour vous envoyez sa réponse face à ma forte insistance : non je le ferai pas parce que je ne le veux pas on est dans un pays libre !

Mais quand je lui ai dit que sa liberté s'arrêtait là où commencait celle des autres. Il a ricané comme un niais et n'a plus voulu prendre note du cours. Ben comme ça se ne sera pas un cours qu'il aura à rattrapper mais deux. Suite la semaine prochaine quand je vais lui tomber sur le dos pour vérifier son cahier. On pari qu'il l'aura oublié espérant que la semaine suivante je l'oublie aussi parce que dans cette classe il y en aura bien un autre pour faire des histoires.

11 janvier 2013

la culotte de la prof !

On a tous cauchemardé une nuit. J'ai longtemps hésité à faire figurer cette mésaventure.

Le cauchemar est devenu réalité !

Alors je vais faire court et rapide, histoire de ne pas épiloguer sur l'Affaire.

Avec la gastro qui courre, me voilà prise d'une envie très urgente d'aller aux toilettes. Et je n'ai pas vérifié ma jupe asymétrique en sortant ! Vous devinez la suite ...

Ma jupe était dans ma culotte quand je suis arrivée en classe. Et pour ouvrir la fenêtre, je dois me pencher en avant pour atteindre la poignée car il y a une table inamovible devant. Les garçon se sont régalés puisqu'ils ont même vu ma culotte. Mais là où je leur en veux, c'est que ces canailles ne m'ont rien dit jusqu'à ce que je leur demande pourquoi ils rigolaient lorsque je leur tournais le dos. Mais là encore leur silence en disait long et leur regard sur moi dans ce silence. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit : j'ai ma jupe dans ma culotte ou quoi ?!? Et là toujours silence, j'ose à peine imaginer ce qui a dû passer dans leur tête à cet instant. Non non je ne l'ai pas fait exprés. Après les pervers pépères voilà la perverse mémère. Nooooooooooooooooooon parce qu'en mettant ma main sur mes fesses HORREUR j'avais bien ma jupe dans ma culotte. Et là l'hilarité générale a fichu en l'air non seulement mon cours, ma crédibilité, mon autorité, tout je vous dis. Je vais directement demander sur le champs ma mutation. Plus jamais je ne reviendrais dans cet établissement. Je vais me porter malade.

Bon ben voilà faut relativiser. Bon ben quoi vous avez vu ma culotte ! Et alors, on se croisera peut-être sur la plage cet été et là ce ne sera pas que ma culotte qu'ils verront. Mais je ne vais pas vous faire un étalage de mes formes au risque de vous faire faire des cauchemars.

Une chose est sûre, ils ne m'oublieront JAMAIS. Et dans 20 ans ils riront de nouveau avec leurs amis de cette aventure.

http://chez-swan.net/upload/culotte_sonic.jpgculotte_sonic Je pense que chez moi cela devait être bien pire !

28 mars 2012

par la fenêtre !

Cinq minutes avant la sonnerie, je distribue le schéma bilan à compléter pour le cours suivant. Je leur dis qu'ils ne sortiront pas de classe tant que je n'aurais pas vu le schéma collé dans leur cahier ainsi que le travail noté sur leur agenda.
Je note le travail à faire au tableau et je me retourne pour constater que certains ont sauté par la fenêtre du labo, heureusement situé au rez de chaussé. Le temps de sortir ils étaient partis en courant.
             

Il est à noter que les fenêtres du labo ont été ouvertes, car certains élèves ne voulaient pas entrer à cause d'une forte odeur d'alcool à brûler, mais ne sommes nous pas dans un labo ?                                   

                                                                             fenetre-2
Bien sûr, dorénavant les fenêtres resteront closes. Mais dois-je également verrouiller la porte dans l'attente de la sonnerie ? 

7 mars 2012

Yoga

Voilà une séance de dernière heure de la journée plutôt reposante. Ces 5èmes là sont calmes bien que bavards de çi de là. Ils participent à la démarche scientifique d'investigation. Enfin quand je dis ça je veux dire que 2 voire 3 y participent. Bref tout se passe relativement bien. Quand soudain un cri !

"Madaaaaaaaaaaaame regardez Lili, elle a mis ses pieds derrière sa tête." 

Lili se réinstalle convenablement. Mais comme tous ne l'a pas vu, elle recommence. Et voilà que certains s'y mettent aussi.

"STOOOOOOOOOOOOOOOOOP, hurlais-je, on n'est pas au yoga ici. Vous risquez de vous blesser sans échauffement. Lili a certainement des dispositions physiques que vous n'avez pas." Voilà Lili, très mauvaise élève, mais jeune fille heureuse d'apprendre qu'elle a finalement un avenir en tant que prof de yoga.    

 

                                                             yoga2 

http://runvirginie.blogspot.com/2009/10/sensations-au-rendez-vous.html  

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7 mars 2012

Travaux pratiques

Mais quelle idée aie-je eu de vouloir faire des travaux pratiques. J'enseigne pourtant une matière des sciences expérimentales.

                                                                  Chou_rouge 

J'aurais dû me méfier ! Dés le début aucun n'avait de blouse, malgré ma demande de la séance précédente. Certains courent aux casier récupérer la leur ou celle d'un autre. Les consignes sont données. Au travail les enfants.

Et là ce fut l'horreur. Certains travaillent. On ne les entend pas. Mais les autres !

Entre ceux qui mangent le pain, d'autres qui l'arrosent d'eau iodée pour y faire des images, l'amidon en poudre qui vole, et celui (le délégué de la classe) qui boit de l'eau iodée ou mange du pain noirci par l'eau iodée. Je ne sais pas exactement ce qu'il a fait mais AU SECOURS ! Et sa mère qui est prof dans ce même établissement. 

 

20 juin 2014

68% des enseignants voudraient changer de métier.

68% des enseignants du secondaire voudraient changer de métier

Home ACTUALITE Société Par Delphine de Mallevoüe Mis à jour le 18/06/2014 à 14:47 Publié le 18/06/2014 à 13:41

Alors que les deux tiers des Français se disent prêts à encourager leur enfant s'il souhaite devenir enseignant, chez les professeurs, une majorité déclare le contraire, souligne SOS Éducation.

 

Alors que les deux tiers des Français se disent prêts à encourager leur enfant s'il souhaite devenir enseignant, chez les professeurs, une majorité déclare le contraire, souligne SOS Éducation. Plus de la moitié des 600 enseignants du secondaire interrogés dans le cadre de ce sondage Ifop pour l'association indépendante SOS Éducation déclare être ou avoir été en situation de burn-out.

Incivilités, insécurité, hiérarchie sourde aux besoins… Les conditions de travail des enseignants du secondaire et l'image qu'ils ont de leur métier sont tellement dégradées qu'ils seraient 68% à envisager de changer de profession. C'est ce que révèle un sondage Ifop réalisé pour SOS Éducation, une association indépendante de citoyens, de familles et d'enseignants qui milite au quotidien «pour une école plus efficace». Cette étude, qui a sondé plus de 600 enseignants du secondaire, fait aussi apparaître que plus de la moitié (54 %) déclare être ou avoir été en situation d'épuisement professionnel (burn-out). L'effondrement de l'autorité et la violence sont au cœur de la dégradation du métier, selon eux. 40% disent se faire insulter quand presque 10 % font état d'agression. 15% estiment ne pas se sentir en sécurité dans leur établissement. En Ile-de-France, les chiffres montent à 2 %. Quant aux rapports avec les parents d'élèves, la situation n'est pas meilleure: plus d'un tiers des enseignants estime ne pas être respecté par les familles.

Crise historique

Dans l'enseignement public, plus de 40% des professeurs estiment ne pas être soutenus par leur hiérarchie. De quoi démotiver les troupes en exercice mais aussi décourager les vocations. Alors que les deux tiers des Français se disent prêts à encourager leur enfant s'il souhaite devenir enseignant, chez les professeurs, une majorité déclare le contraire, souligne SOS Éducation. «C'est surtout le cas des professeurs agrégés, plus sensibles à l'effondrement des exigences académiques, et des enseignants du public, dont les conditions de travail sont généralement plus dégradées que dans le privé», dit l'association. Connue pour ses positions traditionalistes, elle appelle au retour du goût de l'effort et du respect des professeurs, fustigeant «ce gâchis» sévissant depuis 40 ans avec «les théoriciens de l'éducation» qui «ont voulu transformer l'école en un lieu de vie, et les enseignants en animateurs». Sondage à l'appui, elle estime aujourd'hui que le «bilan est sans appel» et s'indigne que dans une «crise historique», le ministère de l'Éducation ne soit préoccupé que par «les activités parascolaires et la réformette de la réformette des rythmes». SOS Éducation, qui a créé il y a quelques années l'Observatoire de la souffrance des professeurs, espère que ce sondage «va créer un électrochoc pour que l'Éducation nationale se donne enfin les moyens de restaurer l'autorité et la dignité du métier d'enseignant».

 

 

 

 

 

4 juin 2012

Dissection d'un coeur de Porc

Coeur de Porc non diss_qu_ intellego  Bonjour à tous, 

Aujourd'hui séance dissection ! "OUAIIIIIIIIIS !" Entre ceux qui sautent de joie et celles où l'écoeurement pointe, le niveau sonore a soudain augmenté.

Après avoir vérifié que tout le monde à sa BLOUSE, mis en place les consignes de SÉCURITÉ, envoyer à l'INFIRMERIE celle qui va vomir, EXCLU celui qui joue à l'épée avec le scalpel, expliquer POURQUOI on va disséquer un coeur, REGARDER à quoi il ressemble de l'extérieur, être capable de l'orienter, NOTER les observations qui distinguent veines et artères, COMMENT on procéde pour l'ouvrir horizontalement et non verticalement, DESSINER, LÉGENDER, répondre à quelques questions pour être sûre qu'ils ont compris ce qu'ils ont fait et pourquoi ils l'ont fait. J'entends au milieu du brouhaha "Madame, est-ce qu'on pourra finir la prochaine fois ?"

- "Bien sûr mon petit, tu veux bien ramener tes morceaux de viande sanguinolents dans ton cartable !" ;-) 

 

 

 

5 novembre 2014

Joëlle, instit sans salaire, dépannée avec des bons alimentaires

Joëlle, instit sans salaire, dépannée avec des bons alimentaires

Aurélie Lebelle | Publié le 04.11.2014, 20h36 | Mise à jour : 23h01

Les enseignants stagiaires de l’école supérieure de professorat et de l’éducation de Livry-Gargan ont manifesté ce mardi. (DR.)

Les enseignants stagiaires de l’école supérieure de professorat et de l’éducation de Livry-Gargan ont manifesté ce mardi. 

 

La grogne s’intensifie en Seine-Saint-Denis. Ce mardi plus de 300 jeunes professeurs des écoles stagiaires manifestaient à Livry-Gargan. Ils devraient être plus nombreux encore à se rassembler mercredi devant la direction académique de Bobigny. Ce qu’ils réclament ? Une révision de leur formation, mal adaptée, mais aussi le versement des salaires de certains de leurs collègues - une trentaine selon les syndicats - qui n’ont toujours perçu aucun acompte depuis la rentrée scolaire. Pour faire face à ce « problème technique », la direction académique a proposé des bons alimentaires aux 231 enseignants stagiaires et contractuels concernés jusqu’à la semaine dernière.

Témoignage de Joëlle, 53 ans, qui est allée demander un carnet de tickets aux services sociaux de l’Education nationale.


Joëlle : «Je n'avais jamais eu de problèmes financiers»

Avant cela, Joëlle ne s’était jamais sentie humiliée. Pourtant, à 53 ans, cette mère de famille de trois grands enfants montre avec amertume et déception le carnet de tickets alimentaires qu’elle est allée chercher aux services sociaux de l’Education nationale. « J’ai un certain âge, une carrière de militaire derrière moi et je n’ai jamais eu de problème financier, liste-t-elle. Je trouve cela scandaleux de proposer des bons alimentaires à des gens qui sont diplômés. »
Comment en est-elle arrivée là ? Contractuelle depuis trois ans, Joëlle a finalement passé le diplôme et enfilé, à la rentrée, sa nouvelle casquette de professeur stagiaire dans une école d’Aulnay-sous-Bois. Heureuse ? Oui. Ravie même ! Jusqu’à ce qu’elle constate qu’elle n’était pas payée, comme 230 autres collègues du département. Officiellement à cause d’un « problème technique », certains enseignants stagiaires n’ont touché aucun salaire ni acompte jusqu’à la semaine dernière. Un scénario catastrophe pour la plupart d’entre eux. Le 20 octobre dernier, Joëlle faisait donc partie des manifestants venus réclamer leur dû devant la direction académique de Bobigny. « C’est là qu’on nous a parlé des bons alimentaires pour la première fois, se souvient-elle. Il y avait une maman avec son fils qui expliquait qu’elle avait dû frauder dans les transports pour venir. Et qu’elle ne savait pas comment le faire manger le soir. »
Alors Joëlle a demandé à avoir des bons alimentaires, davantage « par principe que par besoin ». « Ils nous ont dit qu’il fallait aller les chercher au rectorat de Créteil », poursuit-elle. Mais quelques jours après, les fameux tickets de 5, 10 et 20 € sont rapatriés à Bobigny. Avec trois autres enseignants non payés, Joëlle passe le cap et « réclame » des bons. « Il n’y avait que trois carnets disponibles à Bobigny, précise-t-elle. Nous étions quatre. On nous a dit qu’une personne ne pourrait pas en avoir.En réalité, ils étaient persuadés que personne n’oserait en demander. »

 

LeParisien.fr

 

 

 

 

Bon, faut dire que certaines choses me choquent dans cet article.

D'abord bien évidemment, que des travailleurs ne soient pas payé. Encore une belle bévue de l'Éducation Nationale. 

Mais particulièrement c'est le témoignage de cette dame qui dit :

- "Je trouve cela scandaleux de proposer des bons alimentaires à des gens qui sont diplômés."

—>  Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si t’as pas de diplôme et qu’on te paye en cacahuètes, c’est normal ?

Franchement, si c’est pour sortir ce genre de connerie, elle aurait dû se taire.

- " J’ai un certain âge, une carrière de militaire derrière moi …."

—> Donc si je ne m’abuse, cette dame touche forcément une retraite militaire…. Faut un peu mieux ficeler le misérabilisme…là, ça va faire plouf !

 

 

 

 

 

27 février 2012

Humour !

003   

Ou de la déliquescence de l’autorité de l’enseignant.

Mesdames messieurs les professeurs vous savez bien que si vous donnez de mauvaises notes à vos élèves, cela signifie que ce n’est pas l’élève qui est nul mais vous.

Oui mais 

004Pour plus de lisibilité il suffit de cliquer sur l'image. Je l'aime bien l'histoire de l'élève qui non non n'est pas un cancre (c'est insultant) ni même nul (puique c'est le prof qui l'est) ni même en situation d'échec scolaire (bien trop négatif et dévalorisant) mais en situation de réussite différée. Toutes les mamans savent bien que les enfants ne grandissent pas tous de façon linéaire et identique. Mais je ne sais pas ça sent la langue de bois ! Pourtant si si ça ne l'est pas.

Et pour finir la prophétie :

005 

Et je vous assure qu’elle est bien plus proche que vous ne le pensez.

Et je vous assure qu’elle est bien plus proche que vous ne le pensez.

5 février 2014

ZEP : comment l’Education nationale se prive d’une héroïne

http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/05/zep-comment-leducation-nationale-prive-dune-heroine-249648

Témoignage 05/02/2014 à 12h41

ZEP : comment l’Education nationale se prive d’une héroïne

Françoise Gossart | Prof en ZEP

Chaque matin, c’est Nesria qui accueille les élèves et professeurs du collège Robert-Doisneau, dans le XXe arrondissement de Paris. Ici, rien ne va, sauf avec cette surveillante dont le poste est pourtant menacé.


Devant le collège Robert-Doisneau (Mathieu Cantorné/Rue89)

Je suis enseignante au collège Robert-Doisneau, une zone d’éducation prioritaire (ZEP) du XXe arrondissement de Paris. Depuis quelques années, notre quotidien est devenu de plus en plus lourd.

Cela s’explique notamment par le fait que nous accueillons, dans le même établissement, des classes générales ainsi que de multiples dispositifs :

  • une Unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) ;
  • une Section d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa) ;
  • une Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants.

Tout cela complique la prise en charge d’élèves souvent difficiles et aux profils très différents. Par ailleurs, la fameuse mixité sociale n’est pas toujours une réussite.

Beaucoup de profs demandent leur mutation

Nous sommes souvent pris entre la violence policée de certains parents des classes moyennes supérieures qui se comportent en usagers très exigeants, et la violence plus directe de certains parents de milieux moins favorisés qui peuvent nous rendre responsables des multiples difficultés qu’ils traversent. Pas simple…

A la rentrée de septembre, la situation s’est encore aggravée.

Nous avons dû faire face à :

  • une augmentation des effectifs des classes de Segpa (avant une douzaine d’élèves, maintenant 16). Et si, auparavant, deux ou trois élèves par classe relevaient de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), maintenant c’est le cas d’environ la moitié d’entre eux ;
  • une augmentation des effectifs dans les classes générales (plus de 25 élèves dans certaines classes, notamment en cinquième) ;
  • une troisième supplémentaire ;
  • une augmentation des redoublements en troisième d’élèves en grande difficulté ;
  • une infirmière désormais à temps partiel alors que les ateliers Segpa nécessiteraient à eux seuls un temps plein ;
  • une augmentation des tâches de la direction à l’extérieur de l’établissement.

Mais surtout, au départ, fin juin 2013, de nombreux enseignants qui demandaient leur mutation depuis plusieurs années. La ZEP, ça use…

Des élèves terribles. Et terriblement touchants

Ces anciens collègues titulaires ont été, la plupart du temps, remplacés par de jeunes enseignants moins expérimentés dont le statut est souvent incertain et scandaleux en terme de rémunération :

  • quatre contractuels admissibles (CAD) à tiers-temps ;
  • une professeure stagiaire ;
  • deux contractuels ;

A cela s’ajoute le renouvellement d’un nombre important de membres de la Vie scolaire et une perte sèche de 39 heures de moyens de surveillance très préoccupante, tant sur le plan pédagogique que sur le plan humain pour l’ambiance de l’établissement, et dangereuse pour la sécurité de tous.

Car c’est cela l’Education nationale : la réduction de plus en plus drastique des moyens et la multiplication des statuts précaires entraînant le turnover des personnels, toutes catégories confondues (Vie scolaire, enseignement, santé, entretien).

En juin 2012, par exemple, la chef d’établissement s’était débarrassée – sans autre forme de procès – de plusieurs assistants d’éducation (AED) en ne renouvelant pas leur contrat. Les effets de tous ces bouleversements et de toutes ces restrictions n’ont pas tardé à se faire sentir !

Il faut savoir que les élèves que nous accueillons ont particulièrement besoin de repères stables et fonctionnent beaucoup à l’affectif. Il faut toujours un temps plus ou moins long avant être reconnu, admis et adopté. Après, c’est bon. On intègre cette sorte de grande famille qui peut devenir alors très chaleureuse et réserver des moments magiques dans la relation avec ces mêmes élèves qui peuvent passer de terribles à terriblement touchants.

Les vieux routards s’arrachent les cheveux

Dès le début de l’année, les nouveaux surveillants inconnus des élèves et en sous-effectif, ont commencé à rencontrer les pires difficultés à endiguer certains débordements, à contrôler les allées et venues intempestives dans les couloirs, les bousculades dans les escaliers, etc.

Les permanences sont vite devenues un enfer dans lequel il n’était pas rare que des AED craquent, fondent en larmes d’impuissance et d’énervement. Les récréations devinrent vite des moments de défoulement avec des mouvements de foule incontrôlables, des jeux violents, des insultes, du racket, etc.

Quelle autorité peut-on avoir face à un élève qu’on ne connaît ou reconnaît pas et qui, de son côté vous teste ? De leur côté, les nouveaux enseignants avaient encore plus de mal à tenir leurs classes dans cette atmosphère très dégradée. Même les « vieux routards » s’arrachaient souvent les cheveux.

Un père d’élève armé d’un sarbre japonais

A la veille des vacances de la Toussaint, la tension avait été à son comble : chahuts répétés avec lancers de pétards, d’œufs, de tomates dans la cour et les étages, bagarres quotidiennes pendant les récréations ayant entraîné un blessé grave avec fracture du crâne, coma et perte partielle de l’audition d’une oreille !

Nous apprendrons que certains élèves avaient décidé de faire un bazar maximum pour empêcher le bon déroulement des cours et avoir une semaine de vacances supplémentaire !

Le 22 novembre 2013, un père d’élève armé d’un sabre japonais, avait fait irruption dans le collège pour faire justice lui-même car sa fille avait été bousculée dans les escaliers ! Une agente de service, la principale adjointe et la directrice de la Segpa (trois femmes !) avaient évité le pire en s’interposant entre le père et l’élève.

Le sourire de Nesria

Dans toute cette tourmente, il y a des sortes de héros du quotidien qui ne se départissent jamais de leur bonne humeur, de leur entrain.

Nesria en fait partie. Toujours pimpante, toujours maquillée, c’est elle qui – chaque jour – accueille les élèves et les enseignants à l’entrée de la cour. Elle connaît tout le monde par son prénom et a toujours un mot gentil pour chacun. Des fois, on n’arrive fatigués ou un peu découragés quand la veille, par exemple, cela s’est mal passé avec une classe. Eh bien, le sourire de Nesria nous redonne du baume au cœur.


Devant le collège Robert-Doisneau (Mathieu Cantorné/Rue89)

 

C’est elle qui fait la police devant l’ascenseur pour éviter que des resquilleurs ne montent avec les vrais « éclopés ». Elle sait hausser la voix quand il le faut mais elle sait aussi écouter les petits malheurs, se renseigner sur les petits bobos.

C’est elle aussi qui surveille la salle de retenue et contrôle les allées et venues de la salle de permanence (pas toujours simple…).

Bref, une figure stable et respectée de tous qui ne ménage pas sa peine et fait « partie des murs ».

Avec les remerciements du rectorat

Oui mais voilà… Nesria arrive à la fin de son dernier renouvellement de contrat d’AED après six ans de surveillance à Robert-Doisneau et maintenant qu’elle a 51 ans et deux filles étudiantes à charge, en remerciement des treize ans qu’elle a passés à encadrer des élèves (trois ans dans le primaire et dix ans dans le secondaire), le rectorat se désintéresse totalement de son sort et l’envoie froidement pointer à Pôle emploi !

Car Nesria, c’est le parcours classique d’une mère de famille qui a arrêté de travailler pour élever ses filles et qui, suite à la perte de son mari, a dû retourner dans le dur monde du travail.

Après quelques mois passés à l’Institut de recherches et d’applications pédagogiques (Irap) pour élaborer un projet professionnel, elle a cumulé les emplois précaires :

  • de 1992 à 1994, elle a été surveillante au collège Guillaume-Budé dans le XIXe dans le cadre d’un contrat emploi solidarité (CES) ;
  • de 1999 à 2001, elle a été salariée de la Ville de Paris, comme surveillante d’Interclasse ;
  • après un détour par un CDD comme vendeuse démonstratrice au BHV, en janvier 2006, elle est arrivée au collège Robert-Doisneau sur un contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE) comme assistante administrative. Ceci jusqu’en décembre 2007 ;
  • enfin, de janvier 2008 à janvier 2014, elle a occupé un poste d’AED dans notre collège.

Depuis le début de l’année, les personnels remuent ciel et terre pour garder Nesria.

Un contrat de vingt heures plutôt qu’un CDI

Dès octobre 2013, à l’occasion d’un rendez-vous au rectorat au sujet des problèmes de surveillance, notre délégation avait demandé que le contrat de Nesria soit transformé en CDI.

Après de multiples démarches infructueuses pour réclamer des moyens supplémentaires en encadrement compte tenu de l’augmentation des effectifs, nous avons fait une journée de grève le 19 novembre 2013.

Suite aux évènements gravissimes de la Toussaint, plusieurs demi-journées de concertation sur des heures banalisées se sont tenues. Un travail important a été fourni à cette occasion par les personnels d’enseignement et de vie scolaire pour établir un diagnostic et un ensemble de solutions.

Le rectorat nous a seulement accordé trois contrats uniques d’insertion (CUI) dans le cadre de la « politique de résorption du chômage » du gouvernement. Il s’agit de contrats précaires de vingt heures payés 630 euros par mois. Le rectorat a, par ailleurs, envoyé une inspectrice Vie scolaire, laissant entendre ainsi que nos difficultés venaient de la gestion des surveillants par les conseillers principaux d’éducation (CPE). Une réponse hiérarchique visant à atomiser et à diviser les personnels en mettant la pression sur quelques-uns !

De son côté, la chef d’établissement nous a fait savoir dans un premier temps qu’elle réservait à Nesria le troisième poste de CUI. Dans un second temps, nous avons appris que ce CUI prendrait fin en août !

Une négociation longue et pénible

C’est donc pour le réemploi de Nesria sur un poste stable dans un contexte de carence en encadrement, que le jeudi 30 janvier 2014, surveillants et enseignants se sont mis à nouveau en grève. Malgré les nombreux courriers envoyés au rectorat depuis des mois et malgré le préavis de grève, celui-ci n’a apporté aucune réponse concrète et nous a donné rendez-vous le lundi 3 février 2014.

Le 3, à 11 heures, Nesria était à Pôle emploi, accompagnée par notre chef d’établissement.

La conseillère qui a procédé à son inscription lui a dit qu’elle était éligible sur un poste de CUI mais ne lui proposait que 20 heures avec une compensation faite entre le salaire CUI et le taux d’indemnité chômage !

A 13 heures, nous étions donc devant le rectorat avec banderole, tracts et chansons pendant qu’une délégation de collègues et une mère de la FCPE, rejointe par la maire du XXe, réclamait un emploi stable pour Nesria.

La négociation fut longue et pénible. Elle s’est close par la promesse du rectorat de chercher « les possibilités légales, dans le cadre du ministère de l’Education nationale, d’un emploi en contrat CUI 35 heures », après consultation de leur conseiller juridique.

Doit-on, cette fois, croire en ces promesses ?

Les élèves avec nous : « On veut Nesria »

La situation est tendue du côté des élèves car ils sont très attachés à cette AED présente dans l’établissement depuis si longtemps. Nesria, c’est la figure à la fois cadrante et bienveillante qui sait hausser la voix mais aussi écouter.

A l’annonce de son départ imminent, les élèves ont pris l’initiative de faire circuler une pétition qui a recueilli 170 signatures. Jeudi matin, ils se sont regroupés devant l’établissement pour réclamer le maintien de Nesria. Ils avaient fixé des affichettes sur la grille du collège :

« On veut Nesria. »

« Il nous faut Nesria ! ! ! »

« On reste pour Nesria ! »

« F… le rectorat, recommencez son contrat ! »

Certains, de leur propre initiative, nous ont rejoints devant le rectorat. Nesria, de retour de Pôle emploi, a eu droit à des applaudissement et à des embrassades. A tel point que les vigiles qui avaient fermé les grilles comme si nous étions de dangereux terroristes, semblaient tout attendris !

Munis de craies de couleurs, ils écrivaient des slogans sur le trottoir et sur les piliers. Ils chantaient avec nous.

 

Making of

Le 16 janvier, le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, a affiché sa nouvelle priorité, les ZEP, zone d’éducation prioritaires, qui deviendront REP, comme réseau : « Cibler l’argent public en priorité sur les élèves les plus défavorisés », avec des primes spécifiques pour fidéliser les enseignants.

 

Ce qui se passe au collège Robert-Doisneau est emblématique de ce qui se joue derrière les annonces qui font plaisir aux syndicats d’enseignants : les personnels non enseignants sont de plus en plus précaires alors que les équipes s’accordent à dire que leur rôle est indispensable. Dans cet établissement, tout le monde, du chef d’établissement aux élèves, se bat pour l’une d’entre eux. Blandine Grosjean

12 mars 2014

les toilettes de l'école

Rapport. Ces élèves qui ne veulent pas utiliser les toilettes scolaires

France - 09h52 - http://www.ouest-france.fr/rapport-ces-eleves-qui-ne-veulent-pas-utiliser-les-toilettes-scolaires-1997616
   

Dans un tiers des établissements scolaires du secondaire, des élèves ne se rendraient pas aux toilettes qu'ils jugent trop sales, selon un rapport présenté mardi.

D'après un rapport présenté mardi par l'Observatoire national de la sécurité et de l'accessibilité des établissements d'enseignement (ONS), les élèves évitent d'utiliser les toilettes dans près d'un tiers des collèges et lycées.

En cause : les odeurs, la saleté, des bagarres, ou la consommation de substances illicites.

61% des établissements se limitent à un nettoyage quotidien

Selon ce rapport, 28% des établissements, surtout des collèges, ont signalé au moins un cas d'élève ayant renoncé à utiliser les toilettes scolaires, 42% des élèves se plaignant du manque de papier, 32% des odeurs, 23% de la propreté, et 12% du manque d'intimité des installations. 

"L'état des sanitaires n'est pas sans conséquences sur les problèmes d'hygiène et de santé des jeunes: pathologies induites, risques de transmission bactériologique, atteinte au bien-être des personnes", souligne le texte, précisant que 61% des établissements se limitent à un seul nettoyage par jour, un tiers allant jusqu'à deux fois. 

"Une attention particulière à l'environnement scolaire"

Le ministère de l'Education a réagi un travers un communiqué, rappelant aussi que les collectivités locales "ont la responsabilité du bâti".

"Dans le cadre de son action sur la prévention en matière de santé des élèves, le ministère de l'Education nationale demandera aux équipes éducatives, dans sa prochaine circulaire de rentrée, de porter une attention particulière à l'environnement scolaire (sanitaires, cours de récréation...) et à la qualité de son entretien".

"Du mal" pour les établissements à se saisir du problème

"Le problème des toilettes n'est pas une fatalité. S'en saisir ne doit pas être tabou, vu les conséquences induites sur la santé et le bien-être", précise le rapport annuel de l'ONS, constatant que "les établissements ont du mal à se saisir de cette question des sanitaires". 

Cette enquête a été menée auprès de 16 000 établissements publics et privés du second degré. 

La sonnette d'alarme déjà tirée en 2008

En 2008, l'ONS avait déjà tiré la sonnette d'alarme sur la situation dans les écoles, la moitié des écoliers se plaignant de maux de ventre parce qu'ils ne voulaient pas fréquenter les toilettes de leur établissement.

Le ministre de l'époque Xavier Darcos avait assuré que le problème serait réglé à la rentrée suivante après adoption d'une charte sur la qualité et la propreté avec les familles et les communes. 

Vos réactions
Robert
12/03/2014 - 10:57

Si certains élèves externes ou demi-pensionnaires de tous ages n'utilisent pas les sanitaires des établissements, je crois que c'est aussi pour des raisons de pudeur quant à la promiscuité pour réaliser un acte intime.

Josselynechudeau@free.fr
12/03/2014 - 10:43

il n'y a pas qu'au collège des enfants de maternelle et de l'école primaire n'y vont pas c'est plutôt psychologique ils ne peuvent pas aller aux toilettes hors de chez eux mais ils y a des adultes aussi qui ne vont pas dans des toilettes publique pour la même raison

Citoyenne
12/03/2014 - 10:27

J'ai entendu parler plusieurs fois des toilettes dans des établissements de l'Ile de France.
C'est viols, trafics, bagarres.
Puis problème d'intimité et de propreté.
De mes expériences, c'est une zone de non-droit à l'intérieur des établissements scolaires.
Il est vrai qu'en province, j'ai évité soigneusement certains wc ne respectant pas un minimum de "sécurité".
D'un autre côté, ma "mauvaise" expérience est justement venue dans un établissement tout neuf où les surveillants passaient régulièrement. Le verrou à l'intérieur s'était cassé. Impossible d'en sortir... Gag.

Boks
12/03/2014 - 10:06

il faut quand même rester conscient que ce sont les élèves, eux-mêmes, qui salissent ces (leurs) toilettes !

3 juin 2013

Ils font fort sur Télérama aujourd'hui !

Une autre école est possible

Enquête | Ils sont de plus en plus nombreux à étudier en dehors du système scolaire classique. Cours par correspondance ou écoles alternatives affirment mettre l'enfant au cœur de l'enseignement. Serait-ce l'éducation de demain ?

Le 01/06/2013 à 00h00- Mis à jour le 03/06/2013 à 15h10
Lorraine Rossignol - Télérama n° 3307

 Jardin public Anne Franck, à Paris. Ces enfants-là...

Jardin public Anne Franck, à Paris. Ces enfants-là étudient à la maison, hors du circuit traditionnel. © Léa Crespi pour Télérama

Au cœur de Paris, dans l'un de ses quartiers les plus denses, un îlot de calme et de sérénité : le jardin public Anne-Frank, caché au bout d'une impasse. En ce début d'après-midi, des rires d'enfants s'en échappent. Ils sont une vingtaine, petits et grands, à jouer ensemble ou à se poursuivre sur les pelouses, en présence de leurs parents, lesquels papotent sur les bancs quand ils ne participent pas à leurs jeux. Il est 14h30, douze millions d'élèves attendent leur prochaine ­récré, mais ces enfants-là, des « non-sco » (non-scolarisés), savourent leur liberté…

« J'ai retiré mon fils de l'école en 2006, alors qu'il était en CE1. Au fil du temps, Lucien avait commencé à se faner, il était démoralisé, se dépréciait lui-même : "Je ne veux plus apprendre. Je n'y arriverai jamais." Quand un enfant vous dit ça, à 7 ans et demi, ça fait mal », raconte Charlotte Dien, qui décide alors de prendre en charge l'instruction de son enfant à la maison. « Ce fut une libération. Du jour au lendemain, il s'est épanoui. Un peu comme un évadé », poursuit cette ancienne scénariste de cinéma, qui depuis lors multiplie recherches, livres et articles en psychologie et sciences de l'éducation.

« Comme un évadé », son fils ne fut pour autant jamais un hors-la-loi : on l'ignore souvent, mais, en France, l'école n'est pas obligatoire. C'est l'instruction qui l'est. Laquelle peut tout à fait être dispensée par les parents, du moment qu'ils le déclarent à la mairie et au rectorat, et qu'ils acceptent les contrôles réguliers de ces derniers, destinés à vérifier le bon développement de l'enfant. « Une disposition du code de l'éducation que l'on a du mal à concevoir, tant, dans notre pays, l'école est une religion ! » constate Sylvie Martin-Rodriguez qui, dans le Haut-Jura, appartient elle aussi à ce mouvement de l'Instruction en famille (IEF).

Un mouvement hétérogène – des extrémistes catholiques aux néolibertaires, en passant, pour l'essentiel, par des bourgeois bohèmes souvent issus, paradoxe !, de l'enseignement – et encore minoritaire, mais qui grandit : si seuls trois mille enfants sont déclarés comme instruits par leurs parents, vingt-sept mille autres, également non scolarisés, bénéficient de cours par correspondance.

La pédagogie Steiner-Waldorf accorde une large place

La pédagogie Steiner-Waldorf accorde une large place aux travaux artistiques, scientifiques et manuels. © Pascal Bastien pour Télérama

Et l'Ecole de la vie, association qui organise sorties au musée, au parc, ateliers de théâtre, de danse, de jeux de société, usage de supports multimédias, revendique chaque semaine une nouvelle famille à son actif. « Tous les neurobiologistes vous le diront : le cerveau se développe là où on l'utilise avec de l'enthousiasme, véritable engrais neurologique. Tout ce qui s'apprend dans un acte d'enthousiasme s'inscrit en nous à jamais. A contrario, l'enseignement tel qu'il est pratiqué aujourd'hui dans les écoles va à contre-courant du fonctionnement optimal du cerveau »,assure André Stern, dont le père, Arno Stern, célèbre chercheur et pédagogue, a révolutionné l'approche de l'expression artistique pour les enfants.

De fait, au « socle commun de connaissances et de compétences » cher à l'Education nationale, de plus en plus de parents préfèrent aujourd'hui pour leurs enfants les « apprentissages informels et autonomes » mis en lumière, dans les années 60, par le pédagogue américain John Holt.

Aux Etats-Unis, le phénomène du homeschooling est d'ailleurs en pleine expansion – deux millions de petits Américains, soit près de 4 % des enfants en âge d'être scolarisés, ont école à la maison, que celle-ci soit assurée par les parents ou par correspondance. « Mon père ne m'a pas mis à l'école, poursuit André Stern, et je ne suis pas devenu pour autant un adulte incapable de vivre avec les autres ! La société a besoin d'entendre qu'il y a autre chose que l'école. Y compris ceux qui font l'école ! »

Longtemps si sûr de son excellence et si prisé – jusqu'à ce que les résultats d'enquêtes et de classements internationaux viennent semer le doute –, notre système scolaire français, particulièrement normatif et compétitif, serait-il menacé ?

Jean-Pierre Lepri l'assure sans ciller. Après avoir consacré cinquante années de sa vie à l'école, cet ancien instituteur, formateur, inspecteur et conseiller international sur les questions d'éducation est convaincu que « l'école, structurellement, ne peut se réformer – et [qu']elle finira par disparaître. Sa fonction principale, aujourd'hui, c'est de garder les enfants pendant que les parents travaillent. Et cela vaut aussi pour les écoles alternatives, qui se multiplient un peu partout actuellement. »

Inspirées des pédagogies de Maria Montessori, de Rudolf Steiner ou de Célestin Freinet, ces écoles, qui toutes remettent l'enfant au centre des apprentissages, n'ont jamais autant eu le vent en poupe. Qu'elles soient publiques ou privées, gratuites ou payantes, sous contrat ou non, elles ont chacune un projet particulier : écologique, comme dans les deux structures inspirées par la vision de l'agriculteur philosophe Pierre Rabhi, en Ardèche et dans la Drôme ; ou linguistique, comme dans le réseau d'écoles bilingues gratuites français-occitan Calandreta – une cinquantaine à ce jour, dans tout le Sud de la France.

Lydie Rech, enseignante dans l'une d'entre elles, à Béziers, constate que « ce n'est pas tant l'aspect linguistique qui intéresse les parents – beaucoup viennent de Paris, de Lille, ou même d'Allemagne ! – mais bien le volet pédagogique, puisque, dans nos écoles, nous appliquons les idées de la pédagogie Freinet : autonomie de l'enfant, travail en coopération, expression libre… »

L'école Steiner-Waldorf de Colmar, fondé il y

L'école Steiner-Waldorf de Colmar, fondé il y a trente ans. L'une des plus ancienne en France. © Pascal Bastien pour Télérama

Un engouement soudain dont ne peut que se féliciter Stéphane Reitter, l'un des fondateurs, il y a trente ans, de l'école Steiner-Waldorf de Colmar, l'une des plus anciennes en France. « On voit bien les inquiétudes des parents et leur insatisfaction face à ce qui se passe dans le public. Mais ce regain d'intérêt pour l'alternatif signifie d'abord un intérêt nouveau pour l'enfant ».

Ce qu'assure aussi Antonella Verdiani. Après une carrière consacrée aux sciences de l'éducation au sein de l'Unesco, elle milite en faveur d'un « printemps de l'éducation » en Europe : « De plus en plus de pays – l'Allemagne, la Suisse, l'Italie – commencent à comprendre ce qu'est vraiment un enfant ; et surtout que ceux d'aujourd'hui sont différents de ceux d'hier, que l'on traitait comme de la pâte à modeler. Ils sont plus mûrs, plus conscients. Ils acceptent moins facilement qu'on leur impose quelque chose s'ils n'en comprennent pas la raison. » Le décalage s'accentue entre ces enfants évoluant si vite et l'institution scolaire, pleine de lourdeurs et de rigidités.

« Même si l'école "grandit" moins vite que les enfants, nous n'en sommes pas moins convaincus, à la Fédération des établissements scolaires publics innovants (1), que le système peut reprendre à son compte cette offre alternative et se montrer ambitieux pour ses élèves », déclare la déléguée générale, Audrey Maurin, qui en appelle à « un courage politique fort ».

D'autant plus indispensable, selon l'historien de l'éducation Bruno Poucet, que « l'école est le lieu du vivre-ensemble. Si l'on brisait ce pacte social pour systématiser un entre-soi cultivé par les petites écoles alternatives, et plus encore par des familles individualistes qui s'improvisent enseignantes, alors ce serait la fin des valeurs communes qui cimentent notre société. Promouvoir de telles idées est totalement irresponsable ».

Sur les hauteurs de Meudon (92), dans les locaux de La Source, l'une des premières écoles alternatives créées en France (en 1946), le directeur de l'école primaire, Yves Herbel, désamorce le débat : « L'institution finit généralement par faire siennes des idées issues des pédagogies alternatives, qu'elle redigère à sa manière – la gestion pacifique des conflits, par exemple. Inutile, donc, d'aller chercher à l'étranger les bonnes idées, nous avons de nombreux outils chez nous…

Mais la prochaine révolution ne sera pas pédagogique, elle viendra des élèves eux-mêmes, de leurs nouvelles compétences, des nouvelles technologies et de ce que vont nous révéler les neuro­sciences sur le fonctionnement des neurones et des apprentissages. Le métier d'enseignant va en être complètement changé, il va lui falloir faire un pas de côté, pour devenir moins un éducateur qu'un accompagnateur. C'est déjà un peu le cas aujourd'hui, on n'apprend plus beaucoup à l'école… »

Soit précisément ce que promeuvent tant les pédagogies nouvelles que les partisans des apprentissages autonomes : des enfants moteurs de leurs acquis. Et si les élèves, mettant tout le monde d'accord, inventaient in finel'école du futur ?

 

(1) La Fespi, créée en 2005, regroupe une douzaine de structures en France et rêve d'en avoir, à terme, une par académie.

A lire

Instruire en famille, de Charlotte Dien, éd. Rue de l'Echiquier, 128 p., 15 €.

Les 10 Plus Gros Mensonges sur l'école à la maison, de Sylvie Martin-Rodriguez, éd. Dangles, 240 p., 20,30 €.

… Et je ne suis jamais allé à l'école, Histoire d'une enfance heureuse, d'André Stern, éd. Actes Sud, 168 p., 22,40 €.

La Fin de l'éducation ? Commencements…, de Jean-Pierre Lepri, éd. L'Instant présent, 142 p., 12 €.

Ces écoles qui rendent nos enfants heureux, Pédagogies et méthodes pour éduquer à la joie, d'Antonella Verdiani, éd. Actes Sud, 180 p., 22 €.

La Source, école de la confiance, de Jeanne Houlon et Philippe Cibois, éd. Fabert, 198 p., 20,30 €.

La Ferme des enfants, une pédagogie de la bienveillance, de Sophie Rabhi, éd. Actes Sud, 200 p., 22,40 €.

 

http://www.telerama.fr/monde/une-autre-ecole-est-possible,98151.php

 

 

Montessori, Freinet, Steiner-Waldorf : des méthodes qui ont fait leurs preuves

Enquête | Les pédagogies Montessori, Freinet et Steiner-Waldorf sont répandues dans le monde entier. Des méthodes alternatives qui abordent l'enfant avec bienveillance.

Le 03/06/2013 à 12h00 - Mis à jour le 03/06/2013 à 18h51
Lorraine Rossignol

 A l'école du Colibri dans le Gard, la nature est...

A l'école du Colibri dans le Gard, la nature est omniprésente. © Jean-Marie Huron / Signatures pour Télérama

La pédagogie Montessori

Mise au point par Maria Montessori (1870-1952), première femme médecin d’Italie, cette méthode est la première à considérer l’enfant en tant qu’individu – « chaque enfant est unique » – et repose essentiellement sur l’éducation sensorielle. Particulièrement intéressante appliquée à la petite enfance, elle n’en concerne pas moins des enfants de tous âges : on compte aujourd’hui 22 000 écoles Montessori dans le monde (de la maternelle au lycée), dont quelque soixante-dix en France (soit environ 3 000 élèves), où cette pédagogie connaît un spectaculaire regain d’intérêt (une douzaine de nouvelles écoles créées ces derniers mois).

La pédagogie Steiner-Waldorf

Inspirée des travaux du philosophe autrichien Rudolf Steiner (1861-1925), fondateur de l’« anthroposophie » (pensée visant à rapprocher l’homme des « mondes spirituels »), cette pédagogie humaniste accorde une large place aux travaux artistiques, scientifiques et manuels. Elle recentre aussi les enfants sur leur intériorité et leur créativité. Forte de 250 000 élèves dans le monde, la pédagogie Steiner compte vingt écoles et jardins d’enfants en France, soit quelque 2 300 élèves.

La pédagogie Freinet

Originaire des Alpes-Maritimes, l’instituteur Célestin Freinet (1896-1966) construit une pédagogie ouverte sur l’extérieur et centrée sur le travail en coopération des élèves, l’expression libre, les apprentissages concrets. A partir des années 50, elle connaît un rayonnement international, au point que ses méthodes sont aujourd’hui pratiquées d’Amérique latine au Moyen-Orient, en passant par l’Afrique. En France, du fait d’un partenariat avec l’Education nationale (à l’inverse des établissements Montessori et Steiner, privés), le mouvement Freinet touche quelque 5 % des élèves, soit 600 000.

Yourte et méditation

« Quelle planète laisserons-nous à nos enfants, et quels enfants à notre planète ? » Cette phrase de Pierre Rabhi, l’inventeur de l’agroécologie, infuse l’action des deux écoles alternatives qui se sont créées, l’une en 2003, l’autre en 2006, de part et d’autre du Rhône : la Ferme des enfants, fondée par Sophie Rabhi-Bouquet, sa fille, adepte de la pédagogie Montessori ; et l’école du Colibri, conçue par Isabelle Peloux, enseignante depuis trente ans, pédagogue praticienne passionnée.

Dans les deux cas, la nature y est, tout autour, omniprésente. Mais pas comme un joli décor, si beau soit-il : il s’agit bien de vivre ici au rythme des saisons, des plantes et des bêtes, afin non seulement de faire des enfants de futurs adultes concernés par l’environnement et la planète, mais d’ancrer les apprentissages dans le concret de la vie quotidienne, notion clé des pédagogies nouvelles. Dans ces deux petites structures (soixante-cinq enfants pour la première, trente-cinq pour la seconde), les enfants, autant qu’à lire et à compter, apprennent à vivre harmonieusement.

Que ce soit lors des deux rassemblements collectifs quotidiens dans la yourte des Arts, côté Ferme des enfants, ou grâce au quart d’heure de méditation qui commence chaque journée à l’école du Colibri. « Les élèves font l’apprentissage de la citoyenneté et du vivre-ensemble », explique Isabelle Peloux. « Je n’ai pas vu une seule fois cette année des enfants se battre dans l’enceinte de l’école », témoigne Sophie Rabhi-Bouquet, qui a mis au point un système si novateur (par la coopération, l’implication, l’expression libre) que les familles, venues des quatre coins de France, et même d’Europe, l’adoptent souvent elles-mêmes.

Isabelle Peloux, en revanche, garde une main tendue vers l’Education nationale, dont elle forme les futurs enseignants. Là où la première structure accueille notamment des enfants souffrant de phobie scolaire, la seconde remet en confiance des élèves en grande difficulté (15 à 20 % de ses effectifs). En croyant chaque fois à un principe simple : la bienveillance.

Bon élève grâce au vélo

Ici, à la récré, les enfants ont la possibilité de faire du monocycle. Il s'en trouve toujours plusieurs à leur disposition, dans cette école Steiner-Waldorf de la périphérie de Colmar, et il n'est pas rare, comme en cette matinée de printemps, de voir des écoliers s'élancer dans la cour, concentrés sur leur équilibre.

« Des études officielles ont montré que les enfants pratiquant le monocycle avaient de meilleurs résultats scolaires. Parce qu'ils sont obligés, pour rester en selle, de faire le calme à l'intérieur d'eux-mêmes », explique Philippe Pérennes, enseignant en premier cycle.

Tout est dit de cette fameuse « pédagogie Steiner », centrée sur la dimension spirituelle de l'existence et sur la part de créativité que recèle tout individu. A fortiori, les enfants : « On ne sera jamais à la hauteur pour les comprendre. Ils sont des points d'interrogation vivants. » Ici, les manuels scolaires n'existent pas. « Pour permettre aux professeurs d'être de vrais créateurs – ce qui ne les empêche pas, bien sûr, de se documenter. Rien de pire qu'un prof qui rabâche son texte depuis dix ans. Les enfants le sentent aussitôt. »

Chorale, pratique instrumentale, théâtre, sculpture sur bois, couture, jardinage… au cours de leur scolarité (jusqu'à la première, après quoi ceux qui souhaitent passer leur bac doivent réintégrer les circuits traditionnels, ils sont alors le plus souvent de brillants élèves, vifs et curieux), les enfants des écoles Steiner font tous ces apprentissages, en plus d'apprendre à lire, à compter, à écrire, à parler des langues étrangères.

« Un gosse n'est pas seulement une tête. Il faut solliciter tout son être, affirme Guy Chaudon, enseignant. Au professeur de savoir l'appréhender comme une entité, non comme un élément parmi d'autres. »

 

A lire

La Ferme des enfants, une pédagogie de la bienveillance, de Sophie Rabhi, éd. Actes Sud, 200 p., 22,40 €.

Instruire en famille, de Charlotte Dien, éd. Rue de l'Echiquier, 128 p., 15 €.

Les 10 Plus Gros Mensonges sur l'école à la maison, de Sylvie Martin-Rodriguez, éd. Dangles, 240 p., 20,30 €.

… Et je ne suis jamais allé à l'école, Histoire d'une enfance heureuse, d'André Stern, éd. Actes Sud, 168 p., 22,40 €.

La Fin de l'éducation ? Commencements…, de Jean-Pierre Lepri, éd. L'Instant présent, 142 p., 12 €.

Ces écoles qui rendent nos enfants heureux, Pédagogies et méthodes pour éduquer à la joie, d'Antonella Verdiani, éd. Actes Sud, 180 p., 22 €.

La Source, école de la confiance, de Jeanne Houlon et Philippe Cibois, éd. Fabert, 198 p., 20,30 €.

 

http://www.telerama.fr/monde/montessori-freinet-steiner-waldorf-des-methodes-qui-ont-fait-leurs-preuves,98293.php

14 mai 2013

Chers parents d’élèves, vous nous emmerdez !

Pourquoi les profs n’ont-ils plus d’autorité intellectuelle ni morale ? Pourquoi les lettres au rectorat se multiplient-elles ? Pourquoi les élèves sont-ils de plus en plus arrogants et ignares ? Pourquoi suis-je de plus en plus lâche, moi, prof qui m’étais juré de ne jamais renoncer ?

Les parents doutent de nous, se mettent à notre hauteur alors qu’il ne leur viendrait pas à l’idée d’en faire autant avec leur banquier ou leur garagiste ! Pourtant, ils savent changer une roue et rédiger un chèque ! Pourtant, nos chères mères d’élèves savent se teindre les cheveux en rouge ou noir quand elles vieillissent : sont-elles pour autant coiffeuses ?

Les parents et leurs compétences pédagogiques

Making of
Lulu C. est professeure dans le secondaire. C’est une riveraine qui a déjà publié deux articles sur Rue89 et qui souhaite, cette fois, témoigner sous pseudo. Ce qui se comprend... B. Grosjean

Les parents évaluent notre travail, nos compétences, nos méthodes, jugent notre efficacité. Maîtrisant la langue française et pouvant placer sur une frise chronologique la Seconde Guerre mondiale (croient-ils), ils interviennent dans les cours de français ou d’histoire-géo et se pensent nos égaux :

« Peut-être pourriez-vous… devriez-vous… je ne comprends pas… mais pourquoi ne pas… mais ça sert à quoi vos trucs ? Vous ne pourriez pas plutôt… »

Parfois bienveillants, les parents veulent nous aider à enseigner le plus-que-parfait du subjonctif comme au bon vieux temps. Leur ingérence pédagogique est totale. Reproches, conseils.

Tout comme on préconise de démocratiser le débat politique, on « démocratise » le débat sur les programmes, sur les contenus pédagogiques, les méthodes. N’importe quel père de famille se croit capable d’enseigner une fraction… c’est si facile vous croyez ?

Les parents et les nouvelles technologies

Les parents viennent aux réunions avec une liste de récriminations insensées à notre encontre. Car la multiplication des supports est la porte ouverte à tous les vents :

  • publier nos cours et nos devoirs sur le Net (prétendument facultatif et informatif mais réellement très prescriptif) ;

 

  • répondre aux e-mails des parents (passé un délai de deux jours, nous serons accusés de ne pas être soucieux du bien-être de la chère tête blonde) ;

 

  • maintenant en plus répondre aux SMS !

Répondre, rester poli, en prendre – encore – plein la gueule ! Et de quoi se plaint-on ? Regardez, c’est même écrit dans le Bulletin officiel :

« Les nouvelles technologies, en fonction de l’équipement des établissements et des familles, pourront être un support pour mieux communiquer. Ainsi, l’utilisation des SMS [sic] et des autres moyens accessibles par Internet (messagerie et portail électroniques...) doivent permettre, chaque fois que possible, des échanges plus rapides avec les parents (absences, réunions...). »

Alors ne nous étonnons plus quand maman-poule m’écrit en plein week-end :

« Pourriez-vous, s’il vous plaît, m’expliquer l’exposé de Machin qui n’a pas compris [comprendre “ écouté ”] les consignes ? »

En plus des lettres de dénonciation qui se multiplient, des appels aux chefs d’établissements, des lettres anonymes, des punitions de plus en plus systématiquement annulées, de notre autorité intellectuelle qui est remise en question, on en arrive aussi à nous demander de ne pas donner de devoirs aux élèves pendant les vacances, « ou alors seulement ça s’il vous plaît, sinon on ne peut pas partir au ski… ».

Ah ! Pauvre petit…

« Veuillez excuser mon fils qui n’a pas pu lire son livre pendant les vacances car nous étions en croisière en Egypte sur le Nil ;) ! » [LOL, entre intellos on se comprend ! ]

A lire les mots de la FCPE, dont la mission est de « permettre aux parents de prendre leur part de responsabilité dans la décision, dans la détermination des finalités, voies, moyens et méthodes d’éducation », il semblerait que les enseignants n’aient plus qu’à plier bagages. L’école, c’est les parents.

Les parents et le mensonge

On ne naît pas lâche quand on devient enseignant, on le devient. A force d’être emmerdés (« Ouh, qu’il parle mal le professeur, tu vois, cela ne m’étonne pas ») à force d’être emmerdés, dis-je, par des papas et des mamans « surprotecteurs », dont l’enfant est roi, à force de se faire contrer nos punitions, nos notes, d’être menacés, d’être dénoncés au rectorat ou ailleurs, petit à petit, on baisse les bras.

Les notes montent doucement, de guerre lasse. Les punitions disparaissent, on cesse de croire en un sentiment d’équité dans la classe puisque certains ne seront jamais punis, défendus qu’ils sont par leurs parents, et d’autres toujours, pour une moindre faute.

Les notes sont controversées, font l’objet de convocations devant les proviseurs qui, eux-mêmes (« C’est dans les textes », disent-ils toujours), finissent par donner raison aux parents, fatigués du défilé permanent dans son bureau des plaintes. Nos valeurs s’étiolent, on note à la gueule de plus en plus pour éviter les problèmes, on abdique au fils des ans.

Dommage car, écoutez chers parents, ce que dit le gouvernement : « Accompagner votre enfant dans sa scolarité, c’est (entre autres) développer son sens des responsabilités, lui apprendre le nécessaire respect de lui-même et des autres ainsi que l’utilité des règles de vie commune ».

Et non pas lui trouver 1 000 excuses quand il a fait une connerie ou n’a pas fait ses devoirs… Menteurs !

La bonne ambiance et le plaisir de leur enfant

Le climat scolaire est une notion à la mode en ce moment, définie par cinq facteurs dont l’une est l’ambiance entre collègues. Elle sera bien évidemment propice ou pas à la collaboration et l’efficacité entre les différents partenaires de l’école. Croyez-moi, il est très difficile de travailler dans un tel climat professionnel.

Le professeur sur qui les parents s’acharnent parce que, naïvement, il croit encore en sa cause et continue à punir ou donner des devoirs, est vite une source de problèmes pour les autres collègues qui vont gentiment lui conseiller de « prendre du recul, de moins s’investir », sinon ils risquent de se mettre les parents ou la direction à dos.

Les collègues eux-mêmes jugent leurs propres collègues sur les rumeurs que font courir les parents et qui dit menace dit division, prise à partie, lâcheté.

Mais le climat scolaire détermine aussi pour beaucoup le plaisir qu’aura l’élève à apprendre, et la qualité de notre enseignement.

Pourquoi faut-il que vous cessiez de nous casser les pieds ? Pour ce climat professionnel et ces doutes que vos interventions font peser sur les collègues de façon sournoise. Et parce que les premiers qui en pâtissent sont vos enfants.

Parce que, comme dit Goethe, il vaut mieux une petite injustice qu’un grand désordre (c’est comme sur un terrain de foot, non ?) et que si vous n’apprenez pas à vos enfants à accepter les punitions (même si vous les trouvez injustes), votre enfant aura un permanent sentiment d’impunité qui fera de lui quelqu’un à qui tout est dû.

Parce qu’enfin et surtout, les professeurs sont des professionnels, formés et compétents, et pas des sadiques qui s’acharnent sur vos gosses pour 1 600 euros par mois et des vacances en camping. Et que même s’ils font des erreurs, comme tout professionnel formé et compétent, ils restent professionnels et consciencieux.

Vous, parents-râleurs, parents-jugeurs, parents-contreurs, parents-dénonciateurs, vous faites de nous des branleurs, des planqués, des lâches… et petit à petit, ce ne sont plus vos enfants, mes élèves, qui vont m’importer, mais vous lécher les bottes, vous satisfaire, vous jeter de la poudre aux yeux. Et là où avant je me passionnais et je les passionnais, je déguiserai mon cours en un magnifique support informatique que vous prendrez pour la démonstration d’une pédagogie et d’une implication nécessairement efficaces et qui ne sera que le fruit du travail de mon ami qui est webdesigner.

Votre fils aura de bonnes notes, votre fille ne poussera plus personne dans l’escalier.

Bonus : bêtisier d’e-mails et courriers reçus

« Je n’ai pas compris les consignes des devoirs données à mon fils, comment voulez-vous que je l’aide alors que vous n’expliquez pas sur le cahier de texte en ligne ce que veut dire “ Récit en prose ” ? Et puis cela veut dire quoi : “ Vous écrirez la suite du texte ” ? Mais quel texte d’abord ? Et de quelle photocopie parlez-vous ? On n’y comprend rien nous ! »

« Vous parlez du “Horla”, mais qu’est-ce que c’est que ce livre ? Je n’en ai jamais entendu parler, comment puis-je aider ma fille si vous nous sortez des trucs comme ça que personne connaît ? »

« Comment un enseignant peut-il être crédible si lui-même met des baskets, expliquez-moi ? C’est inadmissible ! On devrait rétablir un code vestimentaire pour les enseignants ! Non mais regardez-vous ! »

« Que comptez-vous faire pour mon fils qui est dyslexique, dysphasique et a des troubles de la concentration, hein ? Qu’est-ce que vous allez faire pour lui ? Vous avez des documents spéciaux, des choses à mettre en place, hein ? Qu’est-ce que vous avez pour mon fils ? Vous lui mettez des 5, des 8 mais votre rôle c’est bien de l’aider, non ? »

« Vous avez oublié un demi-point sur la dernière interro de mon fils et après vous osez me dire que vous ne notez pas à la gueule ? ? »

« Vous êtes en permanence en train de reprocher à mon fils qu’il s’agite, qu’il ne tient pas en place, qu’il parle et se retourne, qu’il se balance… Mais c’est qu’il s’ennuie avec vous ! Et puis ça sert à quoi franchement de le harceler comme ça ? Vous voyez bien que cela ne sert à rien, laissez-le tranquille, vous le dégoûtez de l’école, vous le rendez malade, il est obligé de prendre de la Ventoline à cause de vous ! »

« Vous avez enlevé les félicitations à mon fils sous prétexte qu’il perturbait les cours alors qu’il a 15 de moyenne, vous vous rendez compte qu’il en a chialé toute la nuit ? Mais c’est ça être enseignant ? Je vais vous dénoncer aux autorités, je vais porter plainte auprès du rectorat, vous allez voir ! Vous détestez les enfants, on voit que vous faites ça pour vous venger d’un truc personnel ! »

« Mais excusez-moi mais qu’est-ce que ça veut dire “ euclidien ” ? Quel est l’intérêt, franchement, d’apprendre ce terme aux enfants ? De mon temps, on n’apprenait pas ça et on vivait aussi bien ! »

 

Lulu C. | Prof de français

http://www.rue89.com/2013/05/06/chers-parents-deleves-emmerdez-242098

 

L’enseignant n’est plus vu comme le sachant délivrant et évaluant un savoir, mais comme un prestataire de service tout juste bon à satisfaire du mieux qu’il peut une clientèle qui se veut reine.

 

 

 

 

 

22 juin 2012

Non non il n'est pas mort !

Voilà ce soir on ne parle que de ce fait divers :  

"Un garçon de 13 ans grièvement blessé vendredi matin dans une bagarre avec un autre élève pendant la récréation du matin au collège de Cleunay, à Rennes, a succombé à ses blessures. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a dit avoir appris «avec une grande tristesse» le décès du garçon, il a fait part «à la communauté éducative tout entière de son soutien dans cette épreuve».



Le ministre de l' nationale, Vincent Peillon, exprime «toute son émotion» et «assure la famille de sa plus profonde solidarité et témoigne de son soutien à l'égard de la communauté éducative et des élèves profondément bouleversés».

Selon l'inspecteur d'académie d'Ille-et-Vilaine, Jean-Yves Bessol, «il y a eu une bagarre qui a opposé deux élèves ordinaires», et l'un des deux protagonistes «ne s'est pas relevé». Et il a ajouté: «il y a eu deux coups de poing et peut-être un début de strangulation. Et la a peut-être heurté quelque chose. Le scénario n'est pas clairement établi».

Pas d'incidents entre ces deux élèves précédemment

Deux enseignants sont immédiatement intervenus et ont prodigué les premiers soins au jeune garçon, en liaison téléphonique avec le Samu. Ce dernier est arrivé moins d'un quart d'heure plus tard et a emmené la victime à l'hôpital en réanimation, a déclaré la principale, Michèle Marty. L'autre élève de troisième âgé de 16 ans, a été interpellé par la police chargée de l' et qui devait également entendre les témoins. Il y avait beaucoup d'élèves dans la cour à cette heure de récréation, surveillée par quatre adultes. «On est amenés à gérer régulièrement des problèmes de dispute de ce genre en récréation, mais il n'y avait pas eu d'incidents entre ces deux élèves précédemment», a-t-elle souligné.

«Ni l'un ni l'autre de ces élèves n'avaient posé de problème jusqu'à maintenant, dans ce collège», a précisé l'inspecteur d'académie. Les deux adolescents sont arrivés au collège à la rentrée 2011. La victime, en classe de 5ème, habitait la banlieue de Rennes mais était scolarisée dans ce collège car il propose une section sport/foot, en liaison avec le stade Rennais, a indiqué la principale.





Construit en 1964, ce collège accueille 374 élèves. Le quartier a été considérablement renouvelé depuis deux décennies. A côté d'un secteur pavillonnaire et de bâtiments plus anciens, on y trouve de petits immeubles récents de 3 ou 4 étages, fleuris et proprets, que rejoignent des allées piétonnes. Une cellule d'écoute a été immédiatement mise en place avec quatre médecins qui reviendront lundi et mardi si nécessaire.

LeParisien.fr

http://www.leparisien.fr/faits-divers/rennes-un-collegien-gravement-blesse-dans-une-bagarre-a-la-recreation-22-06-2012-2061120.php
 
 
 
Seulement voilà ce sont des mensonges ! Même Le Figaro a repris l'info sans la vérifier. L'information est à trouver chez Ouest France :
 

Un collégien de 13 ans a été blessé grièvement, vers 10 h, au cours de la récréation, par un camarade de 16 ans au collège de Cleunay, à Rennes.

L’agresseur présumé, un élève de troisième, a serré le cou de la victime, un collégien de cinquième, dans une manœuvre d’étranglement. Un professeur a dû lui faire un massage cardiaque. Les pompiers l’ont transporté à l’hôpital.

Une cellule psychologique, avec des médecins scolaires, a été mise en place.

L’agresseur a été interpellé et placé en garde à vue sur le champ. Le parquet de Rennes a ouvert une enquête pour connaître les circonstances exactes de l’agression.

 

 Et il a même fallu redire l'information : 

 

Le collégien blessé vendredi matin lors d’une bagarre dans un collège à Rennes est toujours entre la vie et la mort vendredi soir.

Dans un communiqué de Matignon, Jean-Marc Ayrault a dit avoir appris « avec une grande tristesse » le décès du collégien de 13 ans, élève de 5e, vendredi à la suite d’une bagarre pendant la récréation dans un collège de Rennes, faisant part « à la communauté éducative tout entière de son soutien dans cette épreuve ».

Pas décédé

Cette information, reprise par de nombreux médias, a été démentie plus tard dans la soirée. D’après deux sources officielles concordantes, à 22 h 15, ce vendredi soir, l’adolescent se trouve dans un état critique, mais il n’est pas décédé: «Son état est très préoccupant, le pronostic vital est engagé, mais il est toujours vivant.»

A 22h30, le communiqué officiel de Matignon a disparu du site du Premier ministre.

Lors de cette altercation, l’agresseur présumé, un élève de troisième, a serré le cou de la victime, dans une manœuvre d’étranglement. Un professeur avait procédé à un massage cardiaque avant le transfert vers un hôpital du jeune garçon.

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Rennes.-Le-collegien-agresse-est-toujours-dans-un-etat-critique_6346-2090026-fils-tous_filDMA.Htm
 
 
Personnellement j'espère que la maman du p'ti gars hospitalisé n'a pas lu que son fils était mort ! L'horreur.  


 

 

24 juin 2014

le tabou des notes

Education : les notes sur 20 ou l'illusion de la justice

Obsolète, aléatoire, inefficace, notre système de notation est dépassé depuis longtemps mais... Gare à qui ose y toucher ! Sujet tabou.

Des élèves d'une classe de CM2 passent leur test d'"évaluation nationale", le 18 janvier 2011 dans une école de la région parisienne. (BORIS HORVAT/AFP) Des élèves d'une classe de CM2 passent leur test d'"évaluation nationale", le 18 janvier 2011 dans une école de la région parisienne. (BORIS HORVAT/AFP)

À lire aussi

 

Une nouvelle fois, notre système de notation est sur la sellette. Vincent Peillon dès son arrivée au ministère avait promis d'en finir avec les notes "sanction", qui découragent les élèves. Benoît Hamon vient de reprendre le flambeau, aussitôt assailli de 1.000 critiques.

On-ne-touche-pas à nos bonne vieilles notes sur 20 ! Agées d'un siècle et demi, elles apparaissent aujourd'hui encore comme le symbole même de la méritocratie. Dans notre imaginaire, ces notes sentent bon la plume sergent et l'encre violette. Elles symbolisent l'école laïque et républicaine, celle qui récompense chacun selon ses mérites. Et pourtant...

Une pseudo-science

Les notes sont injustes. Flanquées à la tête du client, selon l’humeur du capitaine ou la vitesse du vent. Mauvaise excuse de potache ? Pas du tout. Conclusion de nombreux chercheurs. Et cela ne date pas d'aujourd’hui : "Dès les années 20, les décimologues ont mis en évidence le manque de fiabilité des notes, leur caractère souvent arbitraire", explique Sylvène Kitabgi, auteur d'une étude pour la chambre de commerce de Paris.

Même s’ils ont à cœur d’être impartial, les enseignants sont, à leur insu, influencés par toutes sortes de choses. Le niveau de la classe, le sexe de l’élève, son origine sociale, ou encore… l’ordre de correction des copies. Sans parler de l’effet bien connu du niveau de l’établissement. Les plus élitistes mettant un point d’honneur à être particulièrement secs.

Des biais qu'on ne veut pas voir... 

C’est si vrai qu’à Paris, le rectorat "pondère" selon les collèges, les notes prises en compte pour affecter les élèves dans tel ou tel lycée… "Ces biais ont été démontrés par des études scientifiques très sérieuses, mais on fait toujours comme s’ils n’existaient pas ! On ne change rien au système…", constate la spécialiste Bruno Suchaut, directeur de l’Institut de recherche sur l’éducation. 

Cette façon d’évaluer les connaissances des élèves est aléatoire et biaisée de multiples façons. Les spécialistes le savent depuis longtemps, mais pas le grand public. Cela reste tabou."

Ce chercheur parle d’expérience. En 2008, il met discrètement en ligne une étude intitulée : la loterie des notes au bac. Celle-ci montre qu’une même copie du bac, soumise à 30 correcteurs, peut voir son score varier de dix points. Et fait aussitôt scandale. "J’ai été très surpris ! Il s’agissait  juste d’une illustration très banale de faits déjà mis en évidence par de nombreux travaux." 

Notamment une étude qui remonte à 1962. Elle conclut que pour obtenir une note "juste" aux épreuves du bac, il faudrait faire la moyenne de celles données par 13 correcteurs en maths, 78 en français et 127 en philo…

Un outil obsolète et nuisible

Pire. Ces notes si peu fiables, que nous pratiquons sans rien y changer ou presque depuis 1880, sont le pilier même de l’orientation. "C’est absurde, on décide du devenir de jeunes en s’appuyant sur un outil obsolète, peu fiable, au lieu de s’intéresser à leurs différentes compétences, aptitudes, aspiration. Il s’agit juste de les trier", regrette Michèle Dain, directrice du BIOP, le centre d’orientation de la chambre de commerce de Paris.

LireMais pourquoi l'école française aime tant l'échec ?

Ce centre reçoit chaque année plus d’un millier de jeunes, premiers de classes ou exclus de l’école. Michèle Dain est frappée par leur désarroi grandissant : 

On parle beaucoup du stress des salariés, de la souffrance au travail, de harcèlement, mais on ne réalise pas que tout cela existe plus encore à l’école."

En cause notamment, ces contrôles "à l’ancienne", inefficaces puisqu'"ils ne donnent pas aux élèves des outils pour progresser", étroits dans les compétences évaluées et de surcroît bien plus fréquents chez nous que chez nos voisins. Et dans certains pays, Finlande, Suisse, Danemark - mais si c’est possible -, on se passe tout simplement de notes, soit jusqu'au lycée, soit même jusqu'au bac.

 

 

23 mai 2013

Les professeurs sont mal employés et mal payés

Je me demande d'où viennent ces chiffres parce qu'ils ne correspondent pas du tout à ce que je gagne ! Ils sont bien supérieurs surtout pour des rémunérations nettes !

 

Éducation. Les professeurs sont mal employés et mal payés

Éducation jeudi 23 mai 2013

Selon la Cour des comptes, le ministère de l’Éducation ne gère pas bien ses personnels. Résultat : l’école française est en retard et ne gomme pas les inégalités sociales.

Ils étaient 837 000 profs publics en 2012, soit 44 % des fonctionnaires de l’État. Leurs salaires représentaient 49,9 milliards d’euros (17 % du budget de la Nation). Pour la Cour des comptes, « la gestion de ces personnels doit être améliorée pour redresser les résultats des élèves ». Car « notre pays se situe au 18e rang des trente-quatre pays de l’OCDE ». Pire : « Le système français est l’un de ceux où le poids des origines socio-économiques des élèves pèse le plus sur les résultats. Et cette situation s’aggrave. »

À l’heure où les sénateurs débattent de la loi de refondation de l’École de Vincent Peillon, la Cour enfonce le clou : « L’Éducation nationale ne répond pas davantage aux attentes des enseignants. » Ils sont mal payés : « 35 % de moins qu’un cadre non-enseignant ; entre 15 et 20 % de moins que leurs homologues des pays de l’OCDE. » Leur mérite personnel n’est pas pris en compte. Résultat : « En 2011 et 2012, plus de 20 % des postes de profs n’ont pu être pourvus, notamment en maths et en anglais. »

La question du statut

Et ils sont mal employés. La Cour souhaite qu’ils soient « recrutés par académie » et non plus nationalement. Et qu’ils soient affectés en fonction « des besoins scolaires des élèves » : davantage d’enseignants dans les établissements qui connaissent des difficultés ; moins dans les autres. L’Allemagne et la Finlande pratiquent déjà de la sorte.

Pierre dans le jardin du gouvernement : il n’est pas nécessaire d’augmenter le nombre de profs. Plutôt de mieux les utiliser, voire de leur demander d’enseigner deux matières : français et histoire-géo ; maths et science de la vie et de la terre…

La Cour aborde la question qui fâche : le statut des enseignants du second degré qui leur impose d’enseigner « entre quinze et dix-huit heures, pendant trente-six semaines ». Elle ne préconise pas d’allonger cette obligation horaire mais relève subtilement que « toute autre mission que celle de faire cours est exclue du temps de service, en particulier le travail en équipe et l’accompagnement personnalisé des élèves ».

Vincent Peillon « salue ce travail minutieux ». « L’action du gouvernement, depuis un an, s’inscrit pleinement dans la concrétisation de cet objectif de bonne gestion. » François Sauvadet, ancien ministre centriste de la Fonction publique, apprécie, lui, la critique du recrutement de 60 000 enseignants en cinq ans. « La solution ne réside pas dans une hausse de la dépense publique. »

Philippe SIMON.

++ Les données de l'infographie ci-dessus sont fournies par la Cour des Comptes. Elles sont consultables à la page 167 du rapport «Gérer les enseignants autrement », téléchargeable au format PDF.

 
 
Vos réactions
de Kanon, - jeudi 23 mai 2013

8 ans dans l'EN dans le privé sous contrat en lycée, et j'aimerais bien gagner ce que gagne un prof du public au bout d'1 an...........On fait le même boulot, même recrutement et y a pas plus d'avantages dans le privé au contraire, les élèves sont pas bcp mieux non plus...... Avec cette tune en plus je consommerais plus et ferait tourner l'économie du pays, relance par la consommation ça tient à rien, juste à une décision politique.....

de JYL, - jeudi 23 mai 2013

Encore une méthode pour stigmatiser les enseignants. Jamais il n'est répété que les élèves (arrogants et ignares) ont tout pouvoir dans les établissements jusqu'aux lettres de dénonciations calomnieuses au rectorat avec l'aide de leurs parents. Quand ce ne sont pas ces parents (incompétents dans l'éducation de leurs petits mignons) qui veulent en apprendre aux enseignants.Rappelons que les enseignants sont des professionnels, formés et compétents et comme tout professionnel formé et compétent, ils restent professionnels et consciencieux.

de Coudrier, - jeudi 23 mai 2013

mais vivons nous dans le même pays , je suis professeur d'ècole , j'ai 22 ans d'exercice , je touche un salaire de 1740 euros nets , je suis licencièe en sciences de l'èducation je suis payèe par le rectorat ,je ne comprends pas les salaires annoncès par votre ètude .

de Révolté, - jeudi 23 mai 2013

A raison de 18h00 hebdo ou 11h00 pour un agrégé...

de jlo, - jeudi 23 mai 2013

Juste pour information, ma femme professeur des écoles depuis 7 ans est a 1750 euros par mois. Dans le privé.

de Delaunay, - jeudi 23 mai 2013

bonjour, je ne suis pas d'accord sur la différence entre les salaires des enseignants et les cadres du privé. Selon vos sources, un professeur après un an d'activité gagne 1800 euros environ; or , ma fille après un bac 5 gagnait 1400 euros !! De plus, il faut rajouter au minimum 16 semaines de congé payé , ce qui est loin d'être le cas dans le privé

de joel, - jeudi 23 mai 2013

Mal payé! On croit rêver, en contre parti ils sont 4mois en vacances tout les ans et au chaud toute l année, alors qu'une personne qui travail à l usine ou dans le BTP (Travail physique et dehors peut importe le temps) gagne àpeine pplus que le SMIC. C est une honte. Quand ils n osent pas aussi descendre dans la rue pour se plaindre. Ou va t on?

 

 

Ce qu"'ils" ne savent pas c'est que nous sommes payés 10 mois sur 12 et que cet argent est versé sur 12 mois. Enfin page 102 du rapport des compte en téléchargement ci-dessus, cela serait une légende. C'est bizarre, il doit y avoir un problème quelque part je suis prof et je ne gagne pas du tout les chiffres annoncés. Cherchons l'erreur !

20 juin 2012

Une histoire de brosse

Alors voilà on ne sait pas pourquoi on en arrive là mais c'est arrivé et même si je me suis lâchée et que j'ai bien ri, maintenant j'ai honte et peur du retour de bâton !

Pourquoi ? mais pourquoi aie-je entendu "va t'acheter une brosse à dents !" en plein cours ? Je ne sais même pas qui l'a dit seulement d'où cela venait. Mais j'ai vu et entendu celui qui a répondu. Donc j'en ai déduit que c'était celui vers qui était destiné la dite réplique. Et comme c'était le gifleur de notre précédent billet je me suis laissée aller à dire :" Ce n'est pas d'une brosse à dents dont il a besoin mais d'une brosse à chiottes !"

Imaginez les rires et les applaudissements qui ont suivi. Moi même j'ai ri. Mais c'était vraiment méchant envers cet enfant. Méchant et gratuit.

Maintenant imaginez que les enfants répétent ça à d'autres élèves. D'ailleurs c'est arrivé dans la seconde qui a suivi la sortie de la classe ! 

Maintenant imaginez que ces enfants le disent au pire à d'autres collègues ... 

Bon avec certains collègues on pourra plaisanter que au son des âneries qui sortent de sa bouche c'est un moindre mal !  

                                                        http://brosses.a.chiottes.free.fr/icon6.jpg      

                        Le high tech de la brosse à chiottes USB                      Le voyage de la brosse à chiottes         

           http://web.lowang.free.fr/wordpress/wp-content/gallery/mauka/p1000627_blog.jpg

 

Maintenant imaginez que cet enfant se plaigne à ses parents. 

Ben je ne sais pas comment mon directeur va me dévorer ! 

20 juin 2014

Exemples # 3

 

Aujourd'hui en classe de 6ème.

 

- " Allez les enfants, un dernier effort de travail et la semaine prochaine je vous réserve une surprise."

- "Madame, c'est quoi la surprise ? "

- " Si je vous le dis maintenant ce ne sera plus une surprise."

En même temps plusieurs voix :

- " On peut amener des bonbons ?" - " Vous allez nous faire un gâteau ?" - " Moi je la veux maintenant la surprise, je ne serais pas là la semaine prochaine. Je pars en vacances, ce soir. " - "Moi non plus je ne serais pas là, il y a la répétition pour le spectacle de fin d'année" - "Moi non plus" répéter par une dizaine de voix.

Et à l'unisson : " la sur-prise !" " la sur-prise !" " la sur-prise !" " la sur-prise !"

Et une voix dans le silence d'une seconde : - " Moi j'en ai rien à foutre des surprises de merde !".

Un autre d'ajouter : - "T'as qu'à pas venir en classe."

Et à suivre : - " J'aimerai bien, mais on est obligé"

- " Madame, pourquoi on est obligé d'aller à l'école ?"

Et là je répond qu'ils ont de la chance d'aller à l'école, beaucoup d'enfants de par le monde aimeraient aller à l'école.

- " Et pourquoi ils n'y vont pas ?"

- "Ils ne peuvent pas aller à l'école soit parce que leurs parents n'ont pas assez d'argent, elle peut être loin de chez eux et certains sont obligés de travailler"

- "Moi je préfèrerai travailler au moins je gagnerai des thunes".

- "Mais tu sais l'argent qu'il gagne lui permet simplement de ne pas mourir de faim"

- " Il a ka aller au MacDo pour manger ou si c'est trop cher, ya lidl"

Et là, j'ai vu Marie-Antoinette version 2014.

Et là, j'ai pensé : tu vas à l'école parce que tes parents n'en peuvent plus de toi, ils en ont marre de t'entendre du haut de tes 3 pommes leur rabattre les oreilles de tes sornettes de Mr/Mlle-j-ai-réponse-à-tout-pourvu-que-j-ai-le-dernier-mot.

-" C'est parce qu'ils travaillent qu'ils ne peuvent pas me garder à la maison !"

Et justement mon pote, ils travaillent pour avoir un moment de paix. Parce que même quand tes parents sont assis sur les toilettes, tu trouves le moyen de les emmerder. Fini les grasses matinées, les siestes, tu es encore là, à les emmerder. Fini, ils ne peuvent plus écouter la musique qu'ils aiment parce que c'est la tienne qu'ils doivent se farcir. Ils n'en peuvent plus d'entendre le même DVD en boucle depuis 3 (6?) mois. Ils n'en peuvent plus de t'entendre leur dire "Mais pourkooooaaaaaaaaaaaaaa ...(vaste panoplie de questions plus débiles les unes des autres à ta disposition sans parler de celles auquelles tu as déjà répondu mille milliards de fois !). Ils en ont marre de rentrer chez eux ... heu pardon... chez toi et de ne pas pouvoir s'assoir sur leur canapé sans avoir au préalable virer TES affaires qui trainent partout et que tu es incapable de ranger. Ils n'en peuvent plus de ne pas pouvoir dire des gros mots sans que tu leur fasse la morale alors que tu appelles ton (ta) camarade de mots que tu qualifie d'affectueux "ma salope" versus "mon salaud" ou "mon connard". Ils n'en peuvent plus d'aller au MacDo pour compléter ta collection. Ils n'en peuvent plus de tes bobos qui ne te mettent pas sur le seuil de la mort. Voilà pourquoi ils te mettent à l'école pour que ce soient nous qui te console quand tes camarades ont planqué ton sac, pour que se soient nous qui te fasse la morale quand tu es grossier, pour à la cantine te permettre de manger des fruits et des légumes, pour t'instruire d'une autre musique, d'une autre langue, de l'histoire parce que non le monde n'est pas né avec toi et pour te permettre de voir la beauté du monde qui t'entoure en découvrant les arts, les sciences, de prendre conscience de ton corps en sport et comment il fonctionne en Sciences de la vie et de la terre. 

 

 

 

 

20 juin 2014

Exemple # 4

 

Distribution d'une feuille photocopiée à des élèves de 3ème.

Ce polycopié distribué a pour but de leur présenter des documents complémentaires à leur livre sur laquelle suivent des questions ayant pour objectif de leur apprendre à voir (lire?) et à comprendre la notion du jour. Chaque prof en distribue régulièrement et cela depuis bien des années.

- "Madame, qu'est-ce que je fais de cette feuille ?"

Regard noir de celle qui ne tombera pas dans la provocation et demande le silence. Tu parles !

- "Madame, qu'est-ce que je fais de cette feuille ? Madame pourquoaaaaaaaaa vous ne voulez pas me répondre ? Madaaaaaaaaaame j'ai pas compris qu'est-ce que je dois faire de cette feuille ?"

Et là t'as le gamin qui t'empêche de parler en te coupant la parole : "Madaaaaaaaaaaaame mais pourquoaaaaaaaaa vous ne voulez pas me répondre ?"

C'est vendredi, il est 16h20, t'en peux plus et tu lui dis : "Me force pas à devenir grossière"

Parce qu'il SAIT très bien ce qu'il doit faire avec sa feuille !

Et le sourire aux lèvres, il se tourne vers ces camarades et dis : "Je la mets dans mon cul ?"

 

 

 

 

 

 

20 juin 2014

Exemples

Hier en classe de 4ème :

- "Madame, comme c'est notre dernier cours avec vous, est-ce qu'on peut faire un concours de dessin de bite ... heu ... pénis au tableau ? "

Mes oreilles ont très bien entendu mais pas mon cerveau.

- " Pardon tu peux répéter ?"

- " Madame est-ce qu'on peut faire un concours de dessin de pénis au tableau ? Allez c'est notre dernier cours avec vous ?"

Ben oui il a osé répéter sans aucune gêne et avec un regard suppliant : sivouplé ?

- "Non mais est-ce que tu te rends compte de tes propos ?"

- " Ben quoi qu'est-ce que j'ai dit qui va pas ?"

- " Tais-toi."

- " Mais quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit qui va pas ? ...

- " Tais-toi."

- " Bon ok vous voulez pas. Mais pourquoi ? C'est plus rigolo que de faire un pendu avec des mots !"

Keep cool et zénitude, passons à la leçon du jour. Mais avec un regard noir auquel il répond par un charmant sourire. Des baffes.

 

18 juin 2012

salut nazi !

Alors pour éditer ce billet, j'ai hésité.

Un élève de 5ème que je reprends sans cesse sur les bavardages, on ne circule pas impunément dans la classe, et surtout surtout on se met au travail, a aujourd'hui réagit de façon surprenante : en me faisant un salut nazi !

Après lui avoir fait un brin de moral dont il n'entend rien, il est aller voir en permanence s'il pouvait y danser le nazi rock nazi
 nazi nazi rock nazi   et je lui ai dit de bien faire attention s'il entendais des voies off lui dire "A... (son prénom commence par un A) tu cours à la catastrophe et ne te dis pas boff tout ça c'est du buff".

Merci ♥ Gainsbourg ♥ pour l'humour qui dégoupille la kalachnikov.

24 janvier 2012

Rhôôô Mr le directeur s'est trompé

Bonne nouvelle !

Après avoir relu l'emploi du temps de mme ..X, quel ne fut pas ma surprise de constater qu'elle ne faisait pas partie des heures TPE Premières mais de l'Accompagnement Personnalisé en Secondes. Bon, d'accord ce n'en est pas vraiment une bonne nouvelle.

Avec toutes mes révérences, j'ose le faire remarquer à mr Le Directeur par courriel. Des excuses ? Noooon. Juste un "oups ! poubelle".

Je me demande quoi mettre dans la poubelle !

24 septembre 2012

écouter ou écrire

A la fin de mon cours une élève de 5ème est venue me voir pour me demander à NE PAS PARLER pendant qu'elle écrit !

...

Non mais je rêve ! Ils ose tout et surtout de les traiter tous comme des princes et des princesses. Moi je veux bien mais à 30 élèves par classes c'est IMPOSSIBLE DE FAIRE DES COURS PARTICULIERS pour chacun d'entre eux.

J'ai failli lui répondre : merci de NE PAS PARLER pendant que J'ENSEIGNE.

Mais j'ai répondu que je me dois de parler afin de permettre à tous de comprendre ce qu'ils écrivent en le reformulant de différentes manières.

 

24 juin 2014

Poussez-vous ou je vous marche dessus !

 

 

 

 

Aujourd'hui super spectacle des élèves.

Entre scénettes sur le thème des élèves et des profs et chants et orchestre. Des scénettes sur le thème des élèves qui doivent annoncer leurs notes lamentables à leurs parents et des scénettes sur les profs en salle des profs (lieu bien mystérieux pour eux). Les chants et orchestre avaient pour thèmes la révolution pour un monde meilleur. Vraiment super ! Du très beau travail de la part des profs qui les ont accompagné et de l'ingénieur du son et lumière de la salle de spectacle et surtout des élèves qui nous surprennent toujours par leurs compétences hors de la classe.

La salle qui se composait des autres élèves 6è, 5è et 4è a été très attentive. Les 3èmes étaient de sortie avant le Brevet.

Certains ont été privé de cette journée, en conséquence de leur comportement lors de l'année. Des parents ont appelé, comment ont-ils su, puisque nous avons retenu les élèves sélectionnés avant de partir ? Je précise que les téléphones portables sont interdits ! Or les enfants n'ont pu prévenir leurs parents que s'ils ont pu leur téléphoner. Ils doivent le faire cacher dans les toilettes ! Et les parents qui ont appelé ont dit que l'on n'avait pas à SÉQUESTRER leurs enfants ! On ne rêve pas. 

A la fin de la journée, on se retrouve tous sur l'établissement dans l'attente de la sonnerie. Et en voilà qui jouent à jeter des cailloux le plus loin possible. Je m'approche d'eux, je leur demande d'arrêter. Aucune réaction, ils continuent. Je m'énerve, je me mets devant eux, leur ordonnant d'arrêter. Et l'un d'entre eux me dit :

                                     "Poussez-vous ou je vous marche dessus !"

 

 

 

 

 

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Après l'effort, le réconfort
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